Des yeux de biches, une silhouette élancée, un magnétisme aussi fort que discret, Mathilde sait naturellement soigner ses entrées, aussi bien que ses créations. Allez, viens, j’t’emmène taper du cuir dans son atelier.

Cadurcienne, cette jolie plante naît en 1995, sort du lycée Clément Marot avec un Bac Littéraire en poche et est une passionnée d’équitation. Afin de donner une suite à ses études, elle prend le chemin de la fac d’Histoire, à Toulouse.

« La Fac, ce n’était pas pour moi, même les profs me disaient que continuer dans cette voie, c’était perdre mon temps« .

Trois mois à faire le tour du Portugal et de l’Espagne en van, outre le fait de sortir de sa zone de confort, cela lui permis de découvrir l’École royale andalouse d’art équestre. Elle qui croit aux signes, la voilà comblée. Ce voyage lui ouvrit encore davantage l’esprit, lui permis de vivre une expérience des plus fortes avec son conjoint, mais aussi de tomber sous le charme de tout ce qui concerne le matériel équestre.

De retour, tout était clair dans sa tête, elle allait travailler le cuir. Après quelques expériences qui n’ont fait que renforcer sa volonté, voilà qu’elle intégra une formation de sellier-garnisseur à Decazeville (12). De là, elle se familiarise et apprend les différentes techniques afin de mieux apprivoiser cette matière considérée comme noble et précieuse. Ces quelques mois lui permirent de fabriquer de nombreuses et différentes pièces. Curieuse et mordue, son esprit de conception montrait déjà sa patte. De simples chutes, elle en faisait de l’art, un art artisanal qui allait lui changer la vie. A partir de ce moment-là, elle tenta sa chance, en confectionnant des bijoux qu’elle vendait sur les marchés estivaux de la région. L’intérêt suscité lui permis de pousser sa chance encore plus loin en développant sa passion au rang professionnel.

« Je m’étais donnée un an afin de voir ce que cela pouvait donner, voir comment je m’en sortais, comment je me sentais. »

Rien d’étonnant, Mathilde prit goût à cette liberté artistique et cette souplesse de vie, pourtant pas si simple au début. De retour à Cahors, il ne lui manquait plus qu’à officialiser les choses. Voilà comment Berkabut vit le jour.

« J’ai toujours été attiré par les pays ayant gardé un bout de primatif, de traditions, comme la Papouasie. C’est pourquoi j’ai choisit ce nom pour ma marque, cela signifie Nuageux en Papou. »

Aujourd’hui, Mathilde est heureuse et cela se voit. Elle mène sa vie comme elle le souhaite. Depuis 2017, elle est à son compte, ce n’est pas simple tout les jours, mais il n’y a aucune raison qu’elle en reste là. En plus de travailler le cuir, elle arrive à lier ses engagements personnels à travers son côté créatif. Ancienne végétarienne engagée, elle s’applique à n’utiliser que du cuir de vache. Cette démarche lui permet non seulement de ne pas être à l’origine de la mise à mort de l’animal, mais aussi d’éviter que la peau ne soit jetée, gaspillée. Elle fait son maximum au quotidien afin de s’approvisionner localement et le plus naturellement possible.

Les pièces qu’elle fabrique font souvent parties de petites séries mais sont toujours uniques, ainsi va la magie de l’artisanat. Les commandes spéciales ont aussi leur place dans son atelier, où les outils se bousculent. Dès qu’elle le peut, elle reprend son rôle dans une de ces associations, notamment, parmi le collectif Fourmillard. Ce regroupement de quatorze artistes basé au 60, rue du Portail Alban à Cahors, en plus d’être une vitrine pour ses bijoux, et aussi un merveilleux lien social dont elle est à l’origine.

« L’association vient de souffler sa première bougie, c’est un bon début, ce sont de belles rencontres, il y a une entre-aide entre artistes qui est très importante à l’équilibre de notre travail.« 

Auto-didacte, elle n’épuise jamais sa créativité et fait évoluer sans arrêt son art. Fière de pouvoir se développer sur le lieu de ses racines, cette jolie blonde n’en est pourtant qu’à ses débuts…

Merci Mathilde pour cela…

Site Internet : https://www.berkabut.fr/

Instagram : Berkabutsellerie

Catégories : ... En balade

2 commentaires

BASQUIN · 30 juillet 2019 à 8 h 07 min

Bien. On attend les autres !

Camalet · 30 juillet 2019 à 12 h 58 min

Toujours un super récit qui donne envie de visiter ou de rencontrer les gens présentés.
Merci et bravo Marie
Gros bisous et à bientôt
Cricri

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